23 février, 23 ans, j'ai envie de vous parler de 23andMe.
Découverte la semaine dernière à l'occasion d'un reportage d'Envoyé Spécial sur le futur humain, cette start-up californienne a retenu toute mon attention.
23andMe n'est pas l'une de ces start-up crées par un american teenager boutonneux, millionnaire avant 25 ans, mais une société de biotechnologie basée à Moutain View.
Pour $399, 23andMe propose à chacun d'entre nous une analyse complète de son ADN et peut ainsi détecter cancers, maladies cardiovasculaires, Alzheimer and co... potentiels.
En vous livrant les secrets de votre ADN, vous pourrez ainsi anticiper les maladies et...bader un bon coup. Comme cette américaine, angoissée à l'idée de développer un cancer du sein à la suite des résultats de son ADN, qui a préféré subir une ablation "préventive" des deux seins...
On peut s'interroger d'ores et déjà sur les dérives de l'analyse d'ADN : comment gérer l'anticipation de la maladie ? L'analyse est-elle une prédiction et seulement une prédiction (avec toutes les incertitudes que cela génère...) des risques de contracter un cancer ou autre ? N'y a-t-il pas d'autres facteurs qui entrent en compte (environnement, hygiène de vie etc.) ?
Cette idée de l'ADN tout puissant (et contesté par l'Observatoire Mondial d'Ethique) m'angoisse un peu, on aurait l'impression que tout serait déterminé à l'avance.
Comment des personnes fragiles peuvent réagir à une telle annonce ?
D'autres questions d'ordre éthiques interviennent : si chacun d'entre nous peut connaître son ADN grâce à 23andMe on imagine que ces derniers, en cas de succès, disposeront d'une "base de données" énorme ! Et c'est une entreprise privée (pourquoi ne pas monnayer ces données ?)...
Un grand nombre d'internautes s'inquiète également du lien profond entre 23andMe et Google...En effet, l'une des fondatrices de la boîte, Anne Wojcicki n'est autre que la femme de Sergey Brin (l'un des deux monsieurs Google) -comme le monde est petit. Quand on sait que Google a massivement investi dans la start-up, cela fait resurgir le monstre de Big Brother version génétique 2.0.
Sans tomber dans la googlephobia, ces tests ADN grand public renvoient à un autre problème : celle de a discrimination par les gènes. Lors du reportage d'Envoyé Spécial, j'ai été pour le moins choquée d'entendre : "Aujourd'hui on discrimine déjà par le sexe ou l'origine ethnique, pourquoi pas par l'ADN"... Ben voyons.
Pour éviter ce genre de dérives méga flippantes, GINA est là.
La loi Genetic Information Nondiscrimination Act dite GINA a été votée l'an dernier par le Congrès américain pour empêcher l'utilisation impropre d'informations génétiques d'un particulier dans le cadre d'une souscription à une agence d'assurance maladie ou lors d'un entretien d'embauche...
Qu'en pensez-vous ?

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